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Vous connaissez sûrement quelqu’un qui raconte être parti en Europe « avec ses points ». Vous vous demandez probablement si c’est du sérieux, ou si vous allez accumuler pendant trois ans pour voir le programme changer ses règles du jour au lendemain. Cette méfiance est saine, et nous allons y répondre franchement.
La réponse courte : les programmes de fidélité valent la peine pour presque tout le monde, mais pas au même degré d’implication. Une seule situation justifie d’attendre, et c’est de reporter un solde d’un mois à l’autre. Pour tous les autres, il existe un palier qui convient, de la simple carte sans frais annuels jusqu’à la gestion active de plusieurs programmes.
Ce guide s’adresse à vous si vous partez de zéro. D’abord, nous expliquons ce qu’est réellement un point. Ensuite, ce qui peut vous en faire perdre. Enfin, par où commencer, avec notre sélection des meilleures cartes de crédit au Canada.
Pour comprendre d’où viennent vos points, regardons ce qui se passe quand vous payez. Chaque fois qu’une carte de crédit sert à payer, le commerçant verse des frais à sa banque. On les appelle les frais d’interchange, et ils vont de 0,5 à 5 % du montant selon le commerce et selon la carte utilisée.
Les commerçants intègrent ces frais dans leurs prix. Autrement dit, vous payez déjà pour ce système, que vous ayez une carte de récompenses ou non. Le prix affiché reste le même en argent comptant, par carte de débit ou par carte de crédit.
C’est de là que viennent vos points. Votre banque encaisse une partie de ces frais, puis vous en redonne un morceau pour que vous gardiez sa carte. Ce n’est donc pas un cadeau : c’est de l’argent déjà payé qui vous revient. Ou qui ne vous revient pas, si votre carte n’offre rien.
La question qui compte n’est donc jamais « combien de points ai-je », mais combien vaut un point au moment de l’échanger. Un même point Aéroplan vaut environ 0,7 cent sur un achat en boutique, et peut atteindre 3 cents sur un billet d’avion bien choisi. Ce que vous faites de vos points compte donc plus que le nombre de points accumulés.
Par ailleurs, nous tenons notre propre estimation de la valeur des points au Canada, programme par programme. C’est notre travail d’évaluation, pas une moyenne reprise ailleurs.
Soyons directs : oui, en partie. Quatre choses peuvent arriver à vos points.
Ce quatrième risque reste rare, mais il n’est pas théorique. Des programmes de détaillants canadiens ont déjà été suspendus pendant des difficultés financières, laissant les membres avec un solde inutilisable.
La leçon n’est donc pas de fuir les programmes. C’est de regarder à qui appartient le programme avant d’y mettre des efforts. Le programme d’un seul magasin dépend de la santé de ce magasin. En revanche, les grands programmes d’Air Canada, de Marriott ou d’une grande banque tiennent sur des bases beaucoup plus solides. Ils valent des milliards : Aéroplan a été évalué à 10 milliards de dollars quand Air Canada en a vendu 25 % à Blackstone.
Si vous ne réglez pas votre solde en entier chaque mois, arrêtez tout ici. Le taux d’intérêt d’achat d’une carte ordinaire tourne autour de 21 %, alors qu’une bonne carte de récompenses vous rend moins de 2 % de vos achats.
Prenons un exemple concret. Un solde de 3 000 $ traîné pendant un an coûte environ 630 $ d’intérêts. Les mêmes 3 000 $ de dépenses vous auraient rapporté autour de 55 $ en récompenses. Les intérêts avalent plus de dix fois ce que la carte vous rend, et aucune prime de bienvenue ne renverse ce rapport.
Ce n’est toutefois pas une fin de non-recevoir, seulement un ordre à respecter. Dans cette situation, une carte à faible taux d’intérêt fait plus pour vos finances que n’importe quelle offre de points. Les trois cartes ci-dessous sont conçues exactement pour ça, sans revenu minimum exigé.
La Carte Sélecte CIBC Visa* et la Carte MastercardMD* BMOMD à taux préférentiel coûtent 29 $ par année pour un taux de 13,99 %. La Carte de crédit MastercardMD La Vraie LigneMD MBNA descend même à 12,99 % sans aucuns frais annuels. Comparez donc les trois selon votre situation : un taux plus bas compense vite 29 $ de frais si votre solde est important.
Une fois le solde à zéro, revenez à cette page. Tout ce qui suit s’applique de nouveau.
C’est le point de départ que nous recommandons à peu près à tout le monde. Une carte sans frais annuels, en remise en argent, sans échéance à surveiller et sans calcul à faire. Vos dépenses habituelles passent simplement par la bonne carte.
Combien ça rapporte au juste ? Prenons un budget courant de 800 $ par mois, soit 9 600 $ sur l’année, dont 400 $ d’épicerie et 100 $ d’essence.
Autrement dit, le montant dépend surtout de la carte, pas de vos habitudes de dépenses. Le même panier d’épicerie rapporte trois fois plus sur une carte que sur une autre. De plus, à ce palier, le risque reste nul : sans frais annuels, le pire scénario est une remise plus faible que prévu, jamais une perte.
Ces quatre cartes couvrent l’essentiel des besoins, avec des exigences de revenu modestes ou nulles. Ainsi, ce sont de bons premiers choix pour bâtir son dossier de crédit sans rien payer.
La Carte Dividendes CIBCMD Visa* verse jusqu’à 100 $ de remise après 2 000 $ de dépenses et demande 15 000 $ de revenu personnel. La Carte de crédit Remises Tangerine laisse choisir vos catégories de bonification, à partir de 12 000 $ de revenu. Ensuite, la Carte MastercardMD* BMOMD Remises monte à 125 $ de remise après 1 000 $ de dépenses. Enfin, la Carte CIBC AdaptaMC MastercardMD ajuste ses catégories selon vos habitudes réelles.
Notre page des meilleures cartes de crédit sans frais annuels tient la liste complète à jour chaque mois.
Voilà une question qu’on nous pose souvent, et la réponse rassure : vous n’avez aucune obligation de voyager pour que ça vaille la peine. Avec la remise en argent, il n’y a ni grille de prix à décoder ni bon moment pour échanger. Le montant revient sur votre relevé, et il vaut ce qu’il annonce. Aucune dévaluation possible, puisqu’il n’y a pas de conversion.
C’est aussi le choix le plus honnête si vous n’avez pas envie d’apprendre le fonctionnement d’un programme aérien. Vous encaissez, point final.
La Carte Dividendes CIBCMD Visa Infinite* coûte 120 $ et verse jusqu’à 300 $ de remise après 2 500 $ de dépenses, un seuil atteignable en quelques mois d’épicerie. La Carte MastercardMD* BMOMD Remises World EliteMD*, à 139 $, illustre justement l’avertissement ci-dessus : son 5 % à l’épicerie s’arrête à 500 $ par relevé, et sa prime de 650 $ exige 24 000 $ de dépenses. Enfin, la Carte Desjardins Remises World Elite Mastercard, à 100 $, complète le tableau côté québécois.
Un seul vol par année suffit à justifier une carte de points, parce qu’une prime de bienvenue couvre souvent l’essentiel d’un billet. Inutile pour autant de gérer cinq cartes : une demande par année, dans un seul programme, puis un usage normal jusqu’à la suivante.
Le vrai critère de choix n’est pas le montant de la prime, c’est le seuil de dépenses à atteindre pour l’obtenir. Atteindre 1 500 $ en trois mois n’a rien à voir avec atteindre 7 500 $. Par conséquent, une prime magnifique que votre budget ne permet pas de débloquer ne vaut rien.
Passé un certain point, vous croiserez des cartes à 150 $, parfois beaucoup plus, et le réflexe naturel est de fuir. C’est pourtant plus nuancé. Ces cartes remboursent souvent leurs frais en crédits annuels, en assurances voyage et en accès aux salons d’aéroport. Une carte à 150 $ qui verse 100 $ de crédit voyage automatique coûte en réalité 50 $.
Le vrai piège est ailleurs, et il touche précisément les débutants. Certaines primes se débloquent par paliers, étalés sur toute une année de dépenses. Ce n’est toutefois pas le cas de toutes les cartes à frais annuels, loin de là : beaucoup versent la totalité de leur prime dès qu’un seul seuil est atteint. La Carte MastercardMD* BMO AscendMD World EliteMD* affiche par exemple jusqu’à 100 000 points, mais il faut 20 000 $ de dépenses pour aller au bout.
Ces cartes haut de gamme sont excellentes, à condition d’avoir le budget qui va avec. Une famille qui met l’épicerie, l’essence, les assurances et les factures sur la même carte atteint les seuils sans y penser. Elle décroche alors des primes qu’aucune carte sans frais n’atteindra jamais.
De plus, tous les avantages commencent dès le premier jour, sans attendre aucun palier : assurances voyage et location de voiture, crédits annuels, accès aux salons d’aéroport, bagage enregistré gratuit, protection d’achat. Souvent, ces avantages valent déjà plus cher que les frais.
Faites donc le calcul avec vos vrais chiffres. À 800 $ de dépenses par mois, vous n’atteindrez pas un palier fixé à 20 000 $ sur l’année, et la prime affichée n’est alors pas celle que vous toucherez. À 2 000 $ par mois, la même carte devient l’une des meilleures décisions financières de votre année.
Refaisons le même exercice, il est instructif. Sur notre budget de 800 $ par mois, la Carte Visa Infinite Privilège* TDMD AéroplanMD accumule environ 13 000 points Aéroplan par année, à raison de 1,25 à 1,5 point par dollar. À 2 cents le point, cela représente près de 260 $ de valeur pour 599 $ de frais annuels. La Carte de PlatineMD d’American Express donne 2 points par dollar sur les restaurants et les voyages, et 1 point par dollar sur le reste, pour 799 $.
Le constat est net : à ce niveau de dépenses, l’accumulation seule ne couvre jamais les frais. Ces cartes ne se rentabilisent pas par les points, mais par ce qui vient avec, et qui tombe dès le premier jour.
Le calcul à faire est donc différent. Additionnez en dollars les seuls avantages que vous utiliserez vraiment cette année. Si le total dépasse les frais, la carte vaut la peine pour vous. Sinon, non, peu importe son prestige.
Trois objections reviennent constamment, et aucune ne résiste à l’examen.
Nous avons démonté ces croyances en détail dans notre analyse des 7 mythes sur les cartes de crédit.
Répondez-y honnêtement, dans l’ordre.
Voici comment lire vos réponses.
Nous suivons plus de 200 cartes de crédit actives au Canada. Personne ne peut lire tout ça, et c’est exactement pourquoi notre comparateur de cartes de crédit existe.
Il fonctionne à l’inverse des palmarès habituels. Au lieu de vous donner un classement tout fait, il vous pose vos vraies contraintes et retire de la liste tout ce qui ne vous convient pas.
Même après filtrage, la liste reste longue et s’étale sur plusieurs pages. Ce n’est pas un défaut : concentrez-vous sur les premières, celles que le tri fait remonter pour votre profil, et laissez le reste.
Vient ensuite l’étape la plus utile. Cochez « Comparer » sur les cartes qui vous intéressent, puis lancez la comparaison. Vous obtenez alors un tableau côte à côte : la valeur de la première année, celle de la deuxième une fois la prime passée, le montant de la prime, les dépenses minimales et le délai pour y arriver.
C’est là que les bonnes décisions se prennent. Une carte peut afficher 1 603 $ de valeur la première année grâce à sa prime, puis retomber à 425 $ ensuite, pendant qu’une autre reste plus stable. Regardez toujours la colonne de la deuxième année : c’est celle qui dit ce que la carte vous rapportera vraiment sur la durée.
Il n’existe pas de bonne carte dans l’absolu, seulement une bonne carte pour votre situation du moment. Et cette situation bouge : la carte parfaite à 25 ans ne l’est plus à 40.
D’où une habitude simple à prendre : revoyez votre portefeuille une fois par année, au moment où les frais annuels sont facturés. Reposez-vous les cinq questions plus haut, comparez avec ce que vous payez, puis changez si votre vie a changé. Ce n’est pas de l’optimisation compliquée, c’est un rendez-vous annuel d’une demi-heure.
En résumé, commencez petit avec une carte sans frais, fixez-vous un projet à deux ans, et faites évoluer votre choix quand votre situation évolue. C’est tout ce qu’il faut retenir.
Les offres changent tous les mois, et les meilleures primes durent rarement longtemps. Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir les changements qui comptent, sans avoir à surveiller quoi que ce soit.
Voici des questions fréquemment posées dans la communauté milesopedia au sujet des programmes de fidélité.
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