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Quand j’ai reçu ma première nouvelle carte de crédit, c’est mon conjoint qui a collé un petit autocollant dessus pour que je sache où l’utiliser. Épicerie sur celle-ci, essence sur celle-là, magasins sur une autre. C’est lui aussi qui a installé les applications des programmes de récompenses sur mon téléphone et qui activait les offres pour moi, au début. Moi, je regardais tout ça d’un peu loin, contente que quelqu’un s’en occupe. Dans notre couple, le pilote des points, c’est lui.
Gérer les points de récompense à deux, ce n’est pas d’abord un problème technique. C’est une question d’implication et de rythme. Dans presque tous les couples que je côtoie, une personne adore optimiser chaque dollar, et l’autre veut simplement que ça fonctionne sans y penser. La bonne nouvelle, c’est que la personne qui apprend finit par prendre le relais. Aujourd’hui, c’est moi qui fais attention à sortir la bonne carte au bon endroit, sans y penser. Voici la méthode qui nous a permis de progresser à deux.
Dans un couple, il y a souvent un pilote des points et un passager. Le pilote lit les fiches de cartes le soir, souscrit aux nouvelles cartes, surveille les plafonds de dépenses et repère un sweet spot à des kilomètres. Le passager, lui, veut payer son épicerie sans réfléchir et récupérer un billet d’avion de temps en temps. Chez nous, le pilote, c’est mon conjoint, et la passagère, c’était moi. Aucun des deux rôles n’a tort : le pilote apporte l’expertise, le passager apporte le sens des proportions.
Le piège classique consiste à vouloir transformer le passager en copilote du jour au lendemain. Résultat : la maison devient un centre d’opérations, la personne qui apprend décroche, et le système s’effondre au premier oubli. Dans mon cas, ça a fonctionné parce que mon conjoint m’a laissée avancer à mon rythme, sans tout m’imposer d’un coup. L’objectif n’est pas que les deux personnes deviennent des experts en même temps. L’objectif est de bâtir un système que les deux suivent réellement. Un système suivi à 80 % rapporte toujours plus qu’un système parfait suivi à 0 %.
Le premier principe est simple : intégrez progressivement, n’imposez pas tout d’un coup. Ouvrir trois cartes au conjoint la même semaine et lui détailler chaque multiplicateur, c’est la meilleure façon de le braquer. C’est exactement comme ça que j’ai débuté, et la règle tient en trois étapes :
Concrètement, commencez, pour la personne qui apprend, par une carte qui récompense fort sur l’épicerie et les restaurants, deux catégories où un couple dépense de toute façon. La Carte CobaltMD American Express accumule jusqu’à 5 points par dollar selon la catégorie, avec une prime de bienvenue pouvant atteindre 15 000 Points-Privilèges sur 12 mois. Ses frais s’élèvent à 191,88 $ par année, facturés à raison de 15,99 $ par mois. La consigne tient en une phrase : « L’épicerie et les restaurants passent sur celle-ci, point final. »
Voici comment optimiser vos dépenses avec cette carte :
Le deuxième principe découle du premier : la personne qui apprend n’a pas besoin d’un portefeuille de six cartes du jour au lendemain. Ma progression tient en trois étapes :
Le mot d’ordre reste : une carte, une mission. On retient « épicerie et resto ici, le reste là », et rien de plus.
Pour cette carte du quotidien tout-terrain, une carte à récompense claire et sans complication fait le travail. La Carte Dividendes CIBCMD Visa Infinite* remet 4 % en argent sur l’épicerie, l’essence et la recharge de véhicule électrique, 2 % sur le transport, la restauration et les paiements récurrents, et 1 % sur le reste. Ses frais annuels de 120 $ sont remboursés la première année, et la remise s’échange dans l’application dès qu’elle atteint 10 $. La remise en argent se comprend instantanément, sans conversion ni calcul de valeur du point, ce qui rassure quand on débute et qu’on n’a pas envie d’un système compliqué. Le pilote du couple, lui, garde son portefeuille optimisé complet. Un couple n’a aucune obligation d’avoir les mêmes cartes.
La troisième carte, chez moi, sert exclusivement en voyage. Une carte sans frais de conversion en devises étrangères évite le 2,5 % ajouté sur chaque achat à l’étranger, ce qui compte vite sur un séjour de deux semaines. La Carte Visa Infinite +* PasseportMD Banque Scotia n’a aucuns frais de conversion et donne accès aux salons d’aéroport, un vrai plus quand on voyage en couple.
Pour les couples qui voyagent plus souvent, la Carte de Platine d’American Express pousse l’avantage voyage encore plus loin : accès illimité aux salons Priority Pass pour vous deux, un crédit de voyage annuel de 400 $ et des Points-Privilèges transférables vers plusieurs programmes aériens et hôteliers. Ses frais annuels de 799 $ (0 $ la première année) en font une carte pour les couples qui voyagent fréquemment, plutôt qu’un premier choix.
Le troisième principe est physique, et c’est celui qui m’a le plus aidée. Quand je recevais une nouvelle carte, mon conjoint faisait trois choses pour moi :
Résultat : je n’avais jamais à réfléchir au moment de payer. Vous pouvez reproduire ces gestes pour la personne qui apprend, puis ranger les cartes du quotidien devant dans le portefeuille, et mettre à l’écart celles qui sont en pleine dépense minimale de bienvenue.
Mon astuce préférée : une note partagée sur le frigo ou dans le téléphone, intitulée « quelle carte pour quoi » ce mois-ci. Quand une carte est en pleine prime de bienvenue, avec une dépense minimale à atteindre en trois ou quatre mois, c’est elle qui sert à tout, temporairement. En le mettant noir sur blanc, personne n’a à se demander laquelle sortir. Une fois le seuil franchi, on revient à la répartition normale. Ces petits repères sont exactement ce qui m’a permis de devenir autonome : aujourd’hui, je sors la bonne carte sans même y penser.
Voici le volet technique qui change tout en couple. Chaque conjoint peut demander sa propre carte à titre de titulaire principal, ce qui donne deux primes de bienvenue au lieu d’une. Ajouter une simple carte additionnelle au compte de l’autre ne procure généralement pas de seconde prime distincte. Sur une carte dont la prime atteint 15 000 points, deux titulaires principaux valent donc, en pratique, le double de ce que rapporte une seule demande.
Attention toutefois à ne pas noyer la personne qui débute. Échelonnez les demandes d’un ou deux mois entre les conjoints, plutôt que de soumettre trois demandes le même mois. Cela ménage le dossier de crédit de chacun et laisse le temps d’atteindre chaque dépense minimale sans stress. À nos débuts, quand une institution financière avait des questions, nous appelions ensemble pour y répondre : une bonne façon de comprendre les démarches à deux. Notre guide sur les stratégies d’ouverture et de fermeture de cartes explique comment cadencer ces rondes dans le temps.
Rien ne motive un passager comme un but concret. Plutôt que de parler de multiplicateurs, parlez d’un voyage à deux. Plusieurs programmes permettent de regrouper ou de transférer les points entre conjoints pour atteindre une prime de voyage plus vite. Aéroplan, Marriott Bonvoy et AIR MILES offrent, chacun selon ses propres règles, des mécanismes pour combiner les soldes d’un même foyer. Les modalités varient d’un programme à l’autre, alors vérifiez toujours les conditions à jour avant de compter dessus.
Un exemple parlant : si chacun accumule de son côté et qu’aucun des deux soldes n’atteint le seuil d’une prime de vol, regrouper les points peut faire passer le couple de deux cagnottes moyennes à une seule cagnotte suffisante pour un billet. La personne qui débute comprend alors que sa contribution, même modeste, sert directement au voyage. C’est ce déclic qui m’a donné envie de m’impliquer davantage. Pour les étapes précises, notre tutoriel sur le transfert de points à une autre personne et celui sur le transfert entre comptes couvrent chaque programme.
Le dernier principe est le plus libérateur : acceptez l’imperfection. Une transaction d’épicerie de 120 $ passée sur la « mauvaise » carte représente quelques points perdus, pas une année gâtée. La participation des deux personnes et l’harmonie à la maison valent bien plus que les derniers 3 % d’optimisation. Mon conjoint, qui adore optimiser, a lui aussi appris à lâcher du lest pour que j’embarque à mon rythme, sans pression.
J’ai fait ma part d’erreurs en chemin. Retirer de l’argent comptant à l’étranger avec une carte de crédit, par exemple : les frais et les intérêts s’appliquent dès la sortie du guichet, sans aucun point à la clé. Ou négliger les cartes-cadeaux bonifiées, qui multiplient les points sur des achats prévus de toute façon. Mais le vrai cadeau arrive à la fin : voir ce que ces points ont fini par offrir.
Le message à retenir tient en une ligne : le meilleur système est celui que les deux personnes suivent réellement, pas le plus rentable sur papier. Un couple qui applique une méthode simple à 90 % accumule bien plus qu’un couple où une seule personne s’épuise à tout optimiser pendant que l’autre s’en désintéresse. Commencez petit, gardez ça simple, et laissez la valeur s’accumuler d’elle-même.
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