Inflation alimentaire : ce que pensent nos lecteurs

Un couple fait ses courses à l'épicerie et examine le prix d'un produit, dans un contexte de hausse des prix alimentaires au Canada
En bref Sondage Milesopedia auprès de 203 répondants : perception de la hausse des prix à l'épicerie, changements d'habitudes et rôle réel des programmes de récompenses.

Avec une hausse des prix de l’épicerie de 3,5 % sur un an (avril 2026, Statistique Canada), l’inflation alimentaire reste l’une des principales préoccupations des consommateurs canadiens. Pour mieux comprendre comment cette pression est vécue au quotidien, la rédaction de Milesopedia a sondé une partie de sa communauté entre le 1er et le 8 juin 2026.

Notre enquête couvre deux volets. D’abord, la perception de la hausse des prix et son effet sur le budget des ménages. Ensuite, l’usage des programmes de récompenses comme stratégie pour amortir ces coûts. Pour comparer les options évoquées plus bas, vous pouvez aussi consulter notre page des meilleures cartes de crédit et notre sélection des meilleures cartes pour l’épicerie. Voici les principaux constats.

ConstatPart des répondants
Ont vu leur épicerie augmenter sur 12 mois96 %
… dont « beaucoup augmenté »61 %
Ont changé leurs habitudes d’achat70 %
Connaissent bien les programmes de récompenses94 %
Utilisent un programme à chaque épicerie85 %
Jugent que les programmes compensent peu ou pas la hausse49 %
Un couple fait ses courses à l'épicerie et examine le prix d'un produit, dans un contexte de hausse des prix alimentaires au Canada

Une hausse des prix ressentie par presque tous

Le constat est largement partagé : la quasi-totalité des répondants ressent la hausse des prix à l’épicerie. Son effet sur le budget reste souvent jugé gérable, mais il est bien réel au quotidien.

96 % constatent une augmentation

La perception de la hausse est presque unanime sur les douze derniers mois. Six répondants sur dix (60,5 %) estiment que le coût de leur panier a beaucoup augmenté, tandis que 36 % jugent qu’il a un peu augmenté. Au total, plus de 96 % constatent donc une hausse. À l’inverse, seuls 1,5 % trouvent leur panier stable et 2 % ne savent pas se prononcer.

Évolution du panier sur 12 mois (N = 203)Nb%
Il a beaucoup augmenté12360,5 %
Il a un peu augmenté7336 %
Je ne saurais pas dire42 %
Il est resté stable31,5 %

Un impact surtout jugé modéré

Si la hausse est presque universelle, son effet sur les finances varie d’un ménage à l’autre. La moitié des répondants (50,2 %) décrivent un impact modéré : ils remarquent l’augmentation, mais s’ajustent sans trop de difficulté. Cependant, 33 % ressentent les effets chaque mois sur leur budget (réponses « important » et « très important » combinées). À l’opposé, seulement 16,7 % parlent d’un impact faible ou nul.

Impact sur le budget mensuel (N = 203)Nb%
Modéré : je m’ajuste sans trop de stress10250,2 %
Important : je le sens chaque mois6029,6 %
Faible : quelques dollars de plus2110,3 %
Nul : aucun impact136,4 %
Très important : choix difficiles73,4 %

Autrement dit, la situation ne force pas encore la majorité des ménages à des choix difficiles. Néanmoins, la pression du coût de l’épicerie demeure bien présente et largement ressentie.

7 répondants sur 10 changent leurs habitudes

Face à la hausse, les consommateurs ne se contentent pas de constater : ils adaptent aussi leurs comportements. Plus de sept répondants sur dix (70,1 %) ont modifié leurs habitudes d’achat, dont 10,7 % de façon importante. La majorité (59,4 %) parle de petits ajustements, signe que l’adaptation se fait par petites touches plutôt que par des changements radicaux. À l’inverse, près de trois sur dix (29,9 %) n’ont pas vraiment changé leurs habitudes.

Avez-vous modifié vos habitudes ? (N = 197)Nb%
Oui, un peu11759,4 %
Non, pas vraiment5929,9 %
Oui, beaucoup2110,7 %

Quant aux stratégies adoptées, les répondants privilégient avant tout celles qui optimisent leurs achats sans tout bouleverser. La comparaison des prix entre enseignes arrive largement en tête (71,1 %). Viennent ensuite les marques maison (39,1 %) puis les coupons et applications de rabais (34 %). Les approches plus contraignantes restent minoritaires : 24,4 % coupent dans certaines catégories et seulement 9,6 % ont changé d’enseigne préférée.

Habitudes adoptées (N = 197, choix multiples)Nb%
Compare davantage les prix entre enseignes14071,1 %
Achète plus de marques maison7739,1 %
Utilise des coupons ou applis de rabais6734 %
Coupe dans certaines catégories (viande, frais…)4824,4 %
Achète en vrac ou en gros formats3517,8 %
A changé d’enseigne préférée199,6 %

L’avenir des prix inquiète 77,6 % des sondés

Au-delà de la hausse déjà observée, c’est surtout l’évolution future qui inquiète. Plus des trois quarts des répondants (77,6 %) se disent assez ou très préoccupés par une nouvelle augmentation dans les prochains mois, dont 23,5 % très préoccupés. À l’inverse, moins d’un sur quatre (22,5 %) se dit peu ou pas inquiet. L’inflation alimentaire n’est donc pas perçue comme un phénomène passager, mais comme une préoccupation durable.

Préoccupation face à l’évolution future (N = 196)Nb%
Assez préoccupé(e)10654,1 %
Très préoccupé(e)4623,5 %
Peu préoccupé(e)3919,9 %
Pas du tout préoccupé(e)52,6 %
inflation epicerie 1

Les programmes de récompenses : utiles mais limités

Rappelons d’abord que les membres de la communauté Milesopedia connaissent mieux que la moyenne les programmes de récompenses, les cartes de crédit et les stratégies d’optimisation. Les données qui suivent reflètent donc l’opinion d’utilisateurs déjà aguerris, pas celle de la population canadienne. C’est précisément ce qui rend leurs constats révélateurs.

Bien connus, jugés insuffisants seuls

Les programmes offerts par les épiceries sont largement connus de nos répondants : plus de neuf sur dix (93,9 %) disent les connaître très bien ou assez bien, dont 51,8 % très bien. Pourtant, malgré cette maîtrise, ils restent sceptiques sur leur capacité à compenser la hausse. Près de la moitié (49,5 %) jugent qu’ils aident très peu ou pas du tout, et à peine 7,1 % estiment qu’ils réduisent beaucoup la facture. Ces programmes sont donc perçus comme un complément utile plutôt que comme une vraie solution à l’inflation.

Les programmes compensent-ils la hausse ? (N = 196)Nb%
Oui, un peu8141,3 %
Très peu7136,2 %
Pas du tout2613,3 %
Oui, beaucoup147,1 %
Je ne sais pas42 %

Le vrai frein : des gains jugés trop faibles

Contrairement à certaines idées reçues, la complexité ou le manque de confiance ne sont pas les principaux freins. La majorité (64,5 %) ne rencontre aucun obstacle particulier et estime déjà bien utiliser ces programmes. Parmi ceux qui pointent un frein, le reproche dominant porte sur la valeur des récompenses : près d’un quart (27,4 %) jugent les gains trop petits pour faire une réelle différence. Le temps requis et la complexité arrivent loin derrière.

Principaux freins (N = 197, choix multiples)Nb%
Aucun frein, je les utilise déjà bien12764,5 %
Les gains sont trop petits5427,4 %
Ça me prend trop de temps168,1 %
Je ne sais pas combien je gagne vraiment157,6 %
Je trouve ça trop compliqué73,6 %
Je n’ai pas confiance10,5 %

Le vrai sujet n’est donc pas l’adoption des programmes, mais leur rendement. Et c’est précisément là qu’une stratégie change tout.

Cinq leviers pour ne rien laisser sur la table

Disons-le franchement : accumuler des points ne fait pas baisser le prix affiché en rayon. Mais ce n’est pas la bonne façon de mesurer leur valeur. Un point est une valeur différée : bien accumulé et bien échangé, il revient sous forme de rabais d’épicerie, de crédit-voyage ou de remise en argent. La vraie question n’est pas « est-ce que les points effacent l’inflation ? », mais « est-ce que je laisse de l’argent sur la table chaque semaine ? ». Voici les cinq leviers qui font la différence entre un usage passif et une vraie stratégie.

  • Empiler les récompenses : sur un même achat, vous cumulez les points du programme de l’enseigne et les récompenses de la carte de crédit. Deux gains distincts qui s’additionnent à chaque passage en caisse.
  • Jouer les multiplicateurs de la carte : les meilleures cartes donnent 5 à 6 points par dollar en épicerie au lieu de 1. La Carte Cobalt American Express offre 5x Points-Privilèges, et la Carte American Express Or de Banque Scotia 6x points Scène+ chez IGA et Sobeys.
  • Profiter des offres ciblées : PC Optimum propose 8 à 12 événements par an avec des multiplicateurs de 10x, 15x ou 20x. Combinés aux rabais de la circulaire, ils peuvent réduire la facture de 40 à 60 % sur certains produits.
  • Optimiser l’échange : tous les points ne se valent pas. 1 000 points Scène+ donnent 10 $ en épicerie, alors qu’il faut 10 000 points PC Optimum pour le même montant. Les points Amex peuvent aussi se transférer vers Aéroplan pour une valeur souvent supérieure.
  • Capter les offres de bienvenue : c’est le levier le plus sous-estimé. Une seule nouvelle carte adaptée peut rapporter, la première année, bien plus qu’une année entière d’accumulation courante.
inflation epicerie 2

Le problème pointé par nos répondants, « les gains sont trop petits », décrit donc surtout un usage passif. Activés, ces cinq leviers transforment des points anecdotiques en valeur concrète et récupérable.

L’avis de Jean-Maximilien Voisine

La stratégie la plus efficace consiste à combiner le programme de fidélité de l’enseigne avec une carte de crédit adaptée à ses habitudes d’achat : la bonne carte au bon endroit.

Les meilleures combinaisons carte et enseigne

Tous les programmes ne se valent pas, et leur efficacité dépend souvent de l’enseigne fréquentée. En associant le programme de fidélité d’un détaillant à une carte de crédit adaptée, vous maximisez vos récompenses et récupérez une part non négligeable de vos dépenses. Voici un panorama des meilleures combinaisons.

Enseigne / ProfilCarte recommandéeProgrammeAvantage à l’épicerie
MaxiCarte World Elite Mastercard de Banque NationalePC OptimumBonifie les promotions PC Optimum dans l’écosystème Loblaw.
IGACarte American Express Or de Banque ScotiaScène+Accumulation accélérée de points Scène+ utilisables sur l’épicerie.
MetroCarte Cobalt American ExpressMoiL’une des cartes les plus avantageuses au Canada pour l’alimentation.
Metro (sans frais)Carte Moi RBC VisaMoiSans frais annuels, pour accumuler des points Moi simplement.
CostcoCarte World Elite Mastercard de Rogers + adhésion ExécutiveRécompenses Rogers + CostcoJusqu’à 4 % de retour combiné sur les achats Costco.
Clients Loblaw (Maxi, Provigo, Pharmaprix…)Carte World Elite Mastercard PCPC OptimumAccumulation bonifiée dans tout l’écosystème Loblaw.
Polyvalente (épicerie + essence)Carte Neo Mastercard World EliteNeo RewardsRécompenses intéressantes chez de nombreux partenaires alimentaires et d’essence.

Concrètement, une famille qui dépense environ 800 $ par mois à l’épicerie, soit 9 600 $ par an, peut récupérer entre 400 $ et 575 $ par année en récompenses avec une carte adaptée à son enseigne principale, sans rien changer au contenu de son panier. Ces gains ne compensent pas entièrement la hausse, mais ils en atténuent une partie de façon concrète et durable.

Deux règles encadrent cette stratégie :

  • Payer le solde intégralement chaque mois : sinon les intérêts dépassent vite la valeur des points accumulés.
  • Échanger ses points intelligemment : rabais d’épicerie, crédit-voyage ou transfert, plutôt que de les laisser dormir.

C’est toute la différence entre collectionner des points et en tirer une vraie valeur.

Méthodologie de l’enquête

Cette enquête vise à documenter la perception de l’inflation alimentaire chez des consommateurs déjà initiés aux programmes de récompenses, et à mesurer dans quelle proportion ils s’en servent comme outil d’atténuation. Les données ont été recueillies entre le 1er et le 8 juin 2026.

  • Échantillon : 203 répondants. Le nombre varie selon les questions à cause des non-réponses (de 196 à 203). Environ 83 % résident au Québec, le reste dans d’autres provinces.
  • Recrutement : invitation envoyée une fois dans l’infolettre hebdomadaire et dans le groupe Facebook privé de Milesopedia.
  • Nature de l’échantillon : échantillon de convenance non probabiliste. Les participants sont plus informés et plus engagés que la population générale sur ces sujets.
  • Limites : aucune marge d’erreur statistique ne peut être calculée. Les résultats sont indicatifs et descriptifs, non généralisables à l’ensemble du Canada.
  • Traitement : analyse descriptive. Les pourcentages reposent sur le nombre de répondants par question (N indiqué). Pour les questions à choix multiples, le total dépasse 100 %.

Ce qu’il faut retenir

Notre sondage le montre clairement : l’inflation alimentaire est ressentie par presque tous, et l’inquiétude porte surtout sur la suite. Même les consommateurs les plus aguerris jugent les programmes de récompenses insuffisants à eux seuls. Toutefois, le problème tient moins aux programmes qu’à la façon de les utiliser.

En empilant les récompenses, en choisissant la bonne carte pour son enseigne et en échangeant ses points avec méthode, un ménage récupère plusieurs centaines de dollars par an. Pour aller plus loin, comparez les meilleures cartes pour l’épicerie et explorez les programmes de fidélité adaptés à vos habitudes. Et pour recevoir nos analyses chaque semaine, abonnez-vous à notre infolettre.

Découvrez toutes nos astuces pour économiser à l’épicerie dans ces articles :

Enfin, pour découvrir les meilleures cartes de crédit pour l’épicerie, consultez notre classement mis à jour régulièrement afin de vous aider à faire un choix éclairé :

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Audrey Voisine
Audrey Voisine
Audrey, co-fondatrice de Milesopedia, est une entrepreneure passionnée, grande voyageuse et maman de deux enfants. Elle partage ses conseils avisés et ses recommandations pour les familles et les voyageurs fréquents, aidant chacun à tirer le meilleur des programmes de points et récompenses. En tant que Vice-Présidente Exécutive Marketing et Communications, elle veille à guider les lecteurs de Milesopedia vers des voyages plus accessibles, pratiques et mémorables.
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