REER : Tout ce que vous devez savoir


Le REER est un régime enregistré qui permet de réduire votre revenu imposable aujourd’hui et de reporter l’impôt sur vos placements jusqu’au retrait. Il sert principalement à épargner pour la retraite, mais peut aussi financer l’achat d’une habitation ou des études.
Dans ce guide, vous découvrirez comment fonctionne le REER au Canada, qui peut y cotiser, combien vous pouvez verser et comment les retraits sont imposés. Vous verrez également les règles du RAP, du REEP et du REER de conjoint.
Le régime enregistré d’épargne-retraite, ou REER, est un compte enregistré qui bénéficie d’un traitement fiscal particulier au Canada.
Les cotisations admissibles peuvent être déduites de votre revenu imposable. Vous réduisez donc votre revenu imposable pour l’année où vous demandez la déduction.
De plus, les revenus générés dans le REER ne sont généralement pas imposés tant qu’ils demeurent dans le régime. Cela comprend notamment les intérêts, dividendes et gains en capital.
L’impôt est plutôt reporté jusqu’au retrait des sommes. Un retrait ordinaire d’un REER est alors généralement ajouté à votre revenu imposable.
Le principal avantage du REER est le report d’impôt. Vous pouvez obtenir une déduction lorsque votre revenu est élevé, puis payer de l’impôt lorsque vous retirez les sommes.
Cette stratégie peut être intéressante si votre taux d’imposition est plus élevé durant votre vie active que durant votre retraite.
Cependant, le REER ne rend pas vos placements libres d’impôt pour toujours. Il reporte généralement l’imposition sur les sommes retirées.
Le REER peut aussi compléter d’autres comptes enregistrés, notamment le CELI et le CELIAPP.
Pour accumuler de nouveaux droits de cotisation, vous devez généralement avoir gagné un revenu admissible. L’ARC utilise notamment vos revenus gagnés pour calculer vos nouveaux droits.
Les revenus d’emploi et certains revenus d’entreprise peuvent notamment générer des droits de cotisation.
Votre participation à un régime de retraite d’employeur peut toutefois réduire vos nouveaux droits. Le facteur d’équivalence tient notamment compte de l’épargne accumulée dans certains régimes de retraite.
Vous pouvez généralement cotiser à un REER jusqu’au 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans.
Le plafond annuel des REER correspond généralement à 18 % de votre revenu gagné de l’année précédente, jusqu’au plafond annuel établi par le gouvernement.
Cependant, votre espace personnel peut être différent. Vos droits inutilisés, votre facteur d’équivalence et d’autres éléments fiscaux peuvent modifier le montant disponible.
Par conséquent, ne vous fiez pas uniquement au plafond annuel publié. Consultez plutôt votre avis de cotisation ou votre compte de l’ARC avant de cotiser. Pour approfondir, consultez notre guide sur les plafonds REER.
| Année | Plafond annuel REER |
|---|---|
| 2021 | 27 830 $ |
| 2022 | 29 210 $ |
| 2023 | 30 780 $ |
| 2024 | 31 560 $ |
| 2025 | 32 490 $ |
| 2026 | 33 810 $ |
| 2027 | 35 390 $ |
Ces montants représentent les plafonds annuels établis par l’Agence du revenu du Canada. Ils ne correspondent pas nécessairement à votre espace personnel disponible.
De plus, les droits de cotisation inutilisés peuvent être reportés aux années suivantes. Votre maximum déductible personnel est donc la référence à utiliser.
Une cotisation correspond à l’argent que vous versez dans votre REER. Une déduction correspond au montant que vous réclamez dans votre déclaration de revenus.
Ces deux montants peuvent être différents. Vous pouvez donc cotiser aujourd’hui et reporter la déduction à une année future.
Cette stratégie peut être intéressante si votre revenu devrait augmenter. Vous pourriez alors utiliser la déduction lorsque votre taux marginal d’imposition sera plus élevé.
Une cotisation REER déductible réduit votre revenu imposable. Votre économie d’impôt dépend donc de votre situation fiscale et de votre taux marginal.
Par exemple, une cotisation de 10 000 $ ne donne pas automatiquement un remboursement de 10 000 $. Elle réduit plutôt votre revenu imposable de 10 000 $, si elle est entièrement déductible.
Le remboursement obtenu dépend ensuite de votre situation fiscale.
De plus, une déduction REER peut influencer certaines prestations et mesures fiscales calculées selon votre revenu. Par exemple, l’Allocation canadienne pour enfants (ACE).
Le REER individuel est ouvert à votre nom. Vous êtes responsable des cotisations, des placements et des retraits.
Il s’agit du type de REER le plus courant. Vous pouvez généralement choisir vous-même les placements selon votre profil d’investisseur et vos objectifs.
Le REER de conjoint appartient à votre époux ou conjoint de fait, mais vous pouvez effectuer les cotisations.
Cette stratégie peut aider à répartir les revenus de retraite entre les deux conjoints. Elle peut donc réduire l’impôt total du ménage dans certaines situations.
Cependant, des règles d’attribution peuvent s’appliquer lorsque le conjoint retire les sommes cotisées. Il est donc important de respecter les règles fiscales avant d’effectuer un retrait d’un REER de conjoint.
Le REER collectif est offert par certains employeurs. Les cotisations peuvent être prélevées directement sur votre paie.
Certains employeurs offrent également une contribution supplémentaire. Lorsque c’est le cas, cet avantage mérite généralement une attention particulière.
Les règles du régime peuvent toutefois varier selon l’employeur et le fournisseur.
Un REER n’est pas un placement. Il s’agit plutôt d’une enveloppe fiscale pouvant contenir différents placements admissibles.
Selon l’institution et le type de REER, vous pouvez notamment détenir des actions, des FNB, des fonds communs de placement, des obligations ou des CPG.
Le rendement de votre REER dépend donc des placements choisis. Le simple fait de détenir un REER ne garantit aucun rendement.
Le choix des placements devrait correspondre à votre horizon de placement, votre tolérance au risque et vos objectifs financiers.
Pour une stratégie simple et diversifiée, les FNB de répartition d’actifs peuvent constituer une solution intéressante.
Vous pouvez consulter notre guide sur les FNB de répartition d’actifs pour approfondir cette stratégie.
De même, notre guide sur investir dans un REER présente les principales options pour investir dans ce compte.
Le Régime d’accession à la propriété, ou RAP, permet de retirer jusqu’à 60 000 $ de vos REER pour acheter ou construire une première habitation admissible.
Certaines conditions doivent être respectées pour être admissible. Notamment, vous devez généralement être considéré comme un acheteur d’une première habitation.
Le montant retiré dans le cadre du RAP n’est pas imposé immédiatement. Vous devez toutefois le rembourser graduellement dans votre REER selon les règles du programme. La période de remboursement du RAP est généralement de 15 ans.
Le RAP peut être utile pour accéder à la propriété. Toutefois, il réduit temporairement votre épargne-retraite.
Une stratégie revient souvent chez les futurs acheteurs : verser l’épargne de son CELI dans son REER, obtenir la déduction, puis retirer la somme par le RAP. Elle peut fonctionner, mais trois règles de l’ARC, vérifiées en septembre 2026, encadrent l’opération.
Le gain réel vient donc de la déduction obtenue sur la cotisation au REER. En contrepartie, vous vous engagez à rembourser le RAP, et vos droits CELI restent réduits jusqu’au 1er janvier suivant. Les règles détaillées figurent sur la page de l’ARC consacrée aux retraits dans le cadre du RAP et sur celle du Régime d’accession à la propriété.
Le Régime d’encouragement à l’éducation permanente, ou REEP, permet d’utiliser votre REER pour financer certaines études ou formations.
Vous pouvez retirer jusqu’à 10 000 $ par année, jusqu’à un maximum de 20 000 $ pour une période de participation.
Les retraits admissibles ne sont pas imposés immédiatement. Vous devez toutefois rembourser les sommes dans votre REER selon les règles du programme. La période de remboursement est généralement de 10 ans.
Le REEP peut financer vos études ou celles de votre époux ou conjoint de fait. Il ne sert toutefois pas à financer les études de vos enfants.
La date limite de cotisation au REER survient généralement au début de l’année suivante.
Les cotisations effectuées durant les 60 premiers jours d’une année peuvent généralement être utilisées pour demander une déduction au titre de l’année précédente.

Par exemple, pour l’année d’imposition 2025, la date limite était le 2 mars 2026.
Cependant, une cotisation effectuée avant la date limite ne signifie pas automatiquement qu’elle doit être déduite immédiatement.
Vous pouvez conserver une cotisation inutilisée et demander la déduction plus tard si cela convient mieux à votre situation fiscale.
Vous pouvez généralement retirer des sommes d’un REER non immobilisé avant la retraite.
Cependant, un retrait ordinaire est généralement ajouté à votre revenu imposable pour l’année du retrait.
Votre institution financière effectue également une retenue d’impôt à la source. Cette retenue n’est toutefois pas nécessairement égale à l’impôt final que vous devrez payer. Au Québec, une retenue fédérale et une retenue provinciale peuvent s’appliquer.
Par conséquent, retirer une importante somme d’un REER peut entraîner une facture fiscale supplémentaire lors de votre déclaration de revenus.
Vous ne pouvez généralement plus cotiser à votre REER après le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans.
Avant cette date, vous devez généralement choisir quoi faire de votre REER. Vous pouvez notamment transférer les sommes dans un FERR ou utiliser votre REER pour acheter une rente admissible.
Un FERR vous permet ensuite de recevoir des paiements, dont un montant minimum annuel doit être retiré selon les règles applicables. Les montants reçus d’un FERR sont généralement imposables.
Le choix entre le REER, le CELI et le CELIAPP dépend de votre situation fiscale, de vos objectifs et de votre horizon de placement.
Le REER est principalement conçu pour l’épargne-retraite et offre une déduction fiscale sur les cotisations admissibles.
Le CELI permet plutôt de faire croître une épargne sans imposer les retraits. Il offre donc davantage de flexibilité pour différents objectifs.
Le CELIAPP combine certains avantages du REER et du CELI pour l’achat d’une première habitation admissible.
Si vous envisagez plusieurs de ces comptes, consultez notre guide REER vs CELI vs CELIAPP pour comparer leurs caractéristiques.
Une cotisation REER ne rapporte aucun point. Le versement dans un compte enregistré est un transfert de fonds, pas un achat, et aucune carte de crédit canadienne ne l’accumule. C’est la première chose à savoir avant de chercher à optimiser.
En revanche, trois moments de la saison REER se prêtent réellement aux récompenses.
Une cotisation déductible génère souvent un remboursement. Plutôt que de le laisser dormir dans un compte courant, il peut financer un voyage déjà prévu, dont vos points réduisent ensuite la facture.
Nous détaillons cette mécanique dans notre guide sur l’optimisation du remboursement d’impôt du REER et du CELIAPP avec vos points.
Si votre déclaration se solde par un montant à payer plutôt que par un remboursement, le régler par carte de crédit permet d’accumuler des points sur une dépense que vous auriez faite de toute façon.
Le paiement passe toutefois par un fournisseur tiers et des frais de service s’appliquent. L’opération n’est donc rentable que si la valeur des points obtenus dépasse ces frais.
Pour faire le calcul, consultez notre guide sur comment payer ses impôts par carte de crédit au Canada et notre avis sur Chexy.
Les courtiers et les institutions financières offrent régulièrement des primes pour l’ouverture d’un compte enregistré ou le transfert d’un REER existant. Ces montants dépassent souvent ce qu’une année de points sur des dépenses courantes rapporterait.
Trois points de départ : les promotions Wealthsimple en cours, notre comparatif Questrade vs Wealthsimple et les meilleures offres de comptes-chèques.
Enfin, pour choisir la carte qui accumule le plus sur vos dépenses de tous les jours, consultez notre comparatif des meilleures cartes de crédit.
Le REER demeure un outil important de planification fiscale et de préparation à la retraite au Canada.
Son principal avantage consiste à permettre une déduction fiscale aujourd’hui, tout en reportant généralement l’impôt sur les sommes investies jusqu’au retrait.
Cependant, son efficacité dépend de votre situation. Le montant cotisé, le moment de la déduction, les placements choisis et la stratégie de retrait peuvent tous avoir un impact important.
Enfin, le REER ne devrait pas être considéré isolément. Il peut être combiné au CELI, au CELIAPP et à d’autres régimes pour bâtir une stratégie financière adaptée à vos objectifs.
Pour suivre nos analyses et nos astuces en finances personnelles, abonnez-vous à notre infolettre gratuite.
Le REER est un régime enregistré permettant de déduire certaines cotisations du revenu imposable. Les placements croissent généralement à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait.
Le plafond annuel REER de 2026 est de 33 810 $, et celui de 2027 sera de 35 390 $. Votre espace personnel peut toutefois être différent selon vos revenus et vos droits inutilisés.
Les cotisations effectuées durant les 60 premiers jours de l’année peuvent généralement servir à demander une déduction pour l’année précédente. Pour l’année d’imposition 2025, la date limite était le 2 mars 2026.
Additionnez vos cotisations inutilisées des années passées, c’est-à-dire versées mais pas encore déduites, et celles de l’année civile en cours, y compris celles des 60 premiers jours. Comparez ce total à votre maximum déductible au titre des REER inscrit sur votre plus récent avis de cotisation, auquel l’ARC ajoute une marge de 2 000 $. Reporter une déduction ne libère donc aucun espace : la cotisation reste comptée tant qu’elle n’est pas déduite. Au-delà de la marge, l’excédent est généralement imposé à 1 % par mois, et vous devez produire la déclaration T1-OVP au plus tard 90 jours après la fin de l’année civile. Votre compte en ligne de l’ARC affiche vos cotisations inutilisées et votre maximum déductible. Ces règles sont celles de la page de l’ARC sur les cotisations excédentaires, en date d’octobre 2026.
Oui. Un retrait ordinaire est généralement ajouté à votre revenu imposable. Une retenue d’impôt est aussi effectuée à la source, et elle ne correspond pas nécessairement à l’impôt final.
Le RAP permet actuellement de retirer jusqu’à 60 000 $ de vos REER, sous réserve des conditions d’admissibilité. Pour un premier retrait entre 2022 et 2028, le début du remboursement est reporté de trois ans.
Vous devez généralement convertir, retirer ou utiliser votre REER pour acheter une rente au plus tard à la fin de l’année de vos 71 ans. Le transfert vers un FERR est l’option la plus courante.
Non. Une cotisation à un compte enregistré est un transfert de fonds, pas un achat, et aucune carte de crédit canadienne ne l’accumule. Les points se gagnent plutôt sur un solde d’impôt payé par carte, ou par les primes d’ouverture et de transfert de compte.
Le choix dépend notamment de votre revenu, de votre taux d’imposition actuel et futur, de vos objectifs et de votre besoin de flexibilité. Le CELIAPP peut aussi entrer en jeu pour une première habitation.
Votre rapport annuel sur le rendement indique un taux de rendement personnel, pour la dernière année et depuis l’ouverture du compte, puis, avec le temps, sur 3, 5 et 10 ans. Ce taux est pondéré selon la valeur monétaire : il tient compte de vos dépôts et de vos retraits. Le rendement publié par un fonds est plutôt pondéré en fonction du temps et ignore vos mouvements d’argent. Distinguez aussi taux annuel et taux cumulatif : dans l’exemple de l’Autorité des marchés financiers, un rendement annuel de 3,52 % sur deux ans correspond à un rendement cumulatif de 7,2 %.
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